De la part de la princesse morte

De la part de la princesse morte est paru pour la première fois en 1987. Il remporta Le grand prix littéraires des lectrices de Elle en 1988. Dans ce roman qui retrace la chute de l’empire ottoman et s’arrête à Paris pendant la seconde guerre mondiale, Kénizé Mourad raconte l’histoire de Selma qui vécut de 1911 à 1941, sa mère qu’elle n’a presque pas connue. L’auteur, elle, est née en 1940. En 1983, elle commence son investigation qui la met sur les traces de celle qui lui a donné la vie. Elle se rend alors en Turquie, au Liban et en Inde pour pouvoir la raconter dans ces lieux. Grâce à un énorme travail de journaliste et d’écrivain mais aussi de « fille »,  – et peut être que parfois cela a été éprouvant – Kénizé Mourad a retrouvé l’essence de Selma. Cette dernière revit dans des décors majestueux mais pauvres aussi, parfois rassurants et parfois terrifiants. Elle paraît incroyablement invincible car elle porte en elle la force de chaque être : la liberté. Elle n’est pas seulement belle physiquement, tout en elle bout et rayonne. Elle est précieuse.

Les éditions Flammarion ont de nouveau publié cet ouvrage qui est, cette fois, paru en deux tomes entre 2012 et 2013. Le premier livre, D’Istanbul à Beyrouth, explore l’enfance de Selma, la certaine insouciance dans laquelle elle est plongée, sa vie avec sa mère, ses amis, ses aventures ponctuelles et surtout ses rêves. L’enfant est d’ailleurs fascinée par Halide Edib, une féministe turque. Est également racontée sa fuite à Beyrouth, sa nouvelle école, ses nouveaux camarades. Finalement, ce qui finira par manquer à Selma, c’est un mari. C’est dans le deuxième tome, intitulé Des Indes à Paris, que la jeune femme épouse Amir, un rajah avec qui elle a beaucoup de mal à communiquer. Cela leur coûte beaucoup car ces deux là auraient sans doute pu vraiment s’aimer. Là, elle découvre un monde différent de celui dans lequel elle a grandi, un univers dans lequel elle se sent rapidement prisonnière. Se rendre utile en aidant les plus démunis, ne pas porter le voile, fermer la chambre grâce à une porte, Selma a importé un tempérament qui ne plaît pas à tous. Chaque jour, de coutume en coutume, de surprise en surprise, elle doit trouver le bon équilibre entre son esprit si vif, si avide de vie et le respect qu’elle doit au pays qui est maintenant le sien.

Pour que tout cela soit accessible et captive les jeunes lecteurs, l’auteur a revu cette nouvelle édition. Plus léger, le texte corrigé permet en effet de mieux assimiler le contexte historique très riche qui nécessite parfois que l’on s’y attarde en dehors de l’ouvrage. Cela fait partie de tout ce qu’apporte cette histoire dense et puissante qui donne l’impression d’avoir vécu des mois entiers auprès de ses héros. L’émotion est évidemment au rendez-vous, dans beaucoup de recoins de page, joyeuse ou triste. La stupéfaction est présente aussi, tout comme l’émerveillement. Beaucoup de découvertes sont à faire à travers la reconstitution de ce qu’a vécu Selma. Chaque détail compte, rien n’a, semble-t-il, été oublié et c’est sûrement pour cela que tous les chapitres sont intenses, complets, représentant comme une histoire à chaque fois qui en forment une plus grande : l’unique destinée d’une femme. Une vie délivrée par le cœur, par le battement de deux âmes maintenant réunies pour toujours.


D’Istanbul à Beyrouth
Présentation de l’éditeur :
Fille d’un sultan déchu, Selma doit quitter la Turquie avec sa famille et s’enfuit vers le Liban. Elle abandonne alors l’opulence de son palais d’Istanbul pour découvrir Beyrouth, ville rieuse et débordante de vie. A présent riche de deux cultures, la jeune fille ne veut pas rester une petite princesse soumise dont on voile le visage. Elle veut regarder le monde en face, aimer librement et se battre pour une grande cause, celle des femmes.

Des Indes à Paris
Présentation de l’éditeur :
Selma est une jeune libanaise obligée de quitter Beyrouth pour rejoindre son futur mari à Lucknow, en Inde. Ayant une éducation anglaise mais d’origine hindoue, Selma doit s’adapter à sa nouvelle vie de femme musulmane, avec notamment une application très stricte des traditions. Selma ne parvient pas à s’habituer à sa nouvelle vie : les relations sont difficiles avec le peuple, les servantes et même avec son mari. La sensation d’être une étrangère et inutile la ronge. Une grossesse soudaine et la multiplication des manifestations vont la pousser en France où elle jouera un nouveau rôle, celle de la « Perle d’Orient » et où sa rencontre avec un Américain va changer sa vie. Puis la seconde guerre va tout bouleverser, sa vie bourgeoise va disparaître et remplacée par une vie de mère. Mais Selma meurt à Paris en 1940.

Groupe Flammarion


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