Romans français

Shâb ou la nuit

Cécile Ladjali est agrégée de lettres modernes, professeur et écrivain. Elle a écrit Louis et la jeune fille, Les souffleurs, Les vies d’Emily Pearl ou encore Ordalie. Dans Shâb ou la nuit elle raconte son histoire, la quête de son entièreté. D’origine iranienne, Cécile Ladjali est née en 1971 en Suisse et a été adoptée par un couple de français, Robert et Jeannine. Voilà tout ce qu’elle savait avant d’être capable de faire enfin corps avec le jour. De plus, Robert s’appelait en réalité Rabia et, avant l’arrivée de leur fille, il appelait sa femme Julie, trouvant que ce prénom lui seyait mieux. La question de l’identité était donc inexistante dans la demeure de la jeune fille dont l’âme étouffait dans des ténèbres, incertaine, morcelée.

Puis il y a les belles études que Cécile a pu faire parce qu’un professeur l’a sauvée en la sortant d’une orientation que des indifférents lui avaient conseillée. Il y a la mort qui vient prendre Robert, ce père aussi aimant que dur qu’elle ne comprenait pas toujours. Il y a Baptiste avec qui elle a deux beaux enfants. Entre temps, Jeannine a quitté ce monde également. Inévitablement, il y a cette mère biologique qui n’a pas eu le choix quand elle a mis sa fille au monde qu’il faut rencontrer, découvrir et tenter de ne pas mépriser. Dans ce roman – car c’en est un – celle qui fut prénommée Roshan au premier jour de sa première vie, joint les dialogues à la narration, fait ainsi entrer le lecteur dans sa tête, dans son esprit qui a été sans connaître le repos pendant longtemps. Avec des mots s’appliquant à rendre hommage à la langue française, à la réflexion et parfois à l’introspection, elle s’offre totalement. Les pages de ce livre sont petites mais les confidences sont grandes et fortes. La lecture est prenante, aussi confortable qu’émouvante. L’ouvrage semblait nécessaire et il rayonne !

Shâb ou la nuit

Présentation de l’éditeur :
Très tôt on m’expliqua que j’étais née dans une grande maison en Suisse. Qu’il y avait des enfants qui naissaient dans les ventres et d’autres dans les grandes maisons. Je tirai de cette vérité originelle me concernant une sorte d’orgueil tout aristocratique. Les grandes maisons c’était quand même beaucoup mieux que les gros ventres sales et mous en lesquels certains bébés avaient la malchance de croître. Et puis la Suisse restait un territoire idéal, pas vraiment terrestre, recouvert d’une neige tiède comme du lait. Une sorte de lieu intermédiaire, situé au seuil de la vie, où la nuit n’était qu’une fente ouverte sur le jour au sein duquel, un matin, la peur nous expulsait.

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8 réflexions au sujet de « Shâb ou la nuit »

  1. J’ai lu deux romans d’elle et elle a une très belle plume. J’ai eu également l’occasion d’assister à un de ses stages d’écriture, il y a longtemps. Je note ce titre et le lirai, c’est certain

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    1. Cet ouvrage m’a donné envie de la découvrir, elle écrit vraiment très bien, en effet! C’est une belle découverte 😀 Je n’aurais jamais lu ce roman s’il n’avait pas fait partie de la sélection Confidentielles, je suis donc ravie ravie!

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