C'est lundi, je dépoussière...·Romans étrangers

C’est lundi, je dépoussière… Les Suprêmes

C'est Lundi, je dépoussière..

Chaque lundi, Entre Les Pages vous propose un ancien article dont le texte et la mise en page ont été rafraîchis. De belles redécouvertes au programme ! Aujourd’hui, place à…

Les Suprêmes d’Edward Kelsey Moore

Odette, Barbara Jean et Clarice sont surnommées « Les Suprêmes » en référence au groupe de musique aussi appelé Diana Ross and the Supremes. Inséparables, elles habitent Plainview dans l’Indiana. Pas loin du sycomore dans lequel Odette est née, ni du restaurant Chez Earl où elles se réunissent en famille chaque dimanche. Odette, Barbara Jean et Clarice sont trois femmes aux existences et expériences très différentes. La première parle avec les morts, est atteinte d’un cancer et peut compter sur son mari pour l’épauler. La deuxième, en plus de bien des maux, a épousé un homme plus vieux qu’elle qui n’était pas son choix. La dernière a sacrifié sa carrière de pianiste pour un mari qui la trompe tous les jours depuis des années. Ces trois vies, elles les ont soudées. Qu’importe leurs cadeaux ou leurs lourdes épreuves, la battante, la l’alcoolique et la passive se sont toujours écoutées, comprises, entraidées et soutenues sachant quel secret garder, quels mots ne pas dire ou, au contraire, quelles choses révéler, quel acte privilégier. Cela, au fil des jours, des ans, durant lesquels il a également fallu supporter, subir ou combattre l’affligeant racisme.

Le roman d’Edward Kesley Moore se déroule à plusieurs époques. S’il commence et se termine dans les années 2000, il revient presque à chaque chapitre sur les événements traversés par chacune de ses héroïnes. Le lecteur assiste donc à une profonde compréhension ainsi qu’à une intense évolution des personnages et de leur monde. Elles sont attachantes mais le mot est faible, elles sont de vraies amies mais tellement plus en fait. Elles sont comme une part de chacun qui peut maintenant s’exprimer au grand jour. Car quelles leçons sur le courage, l’amitié, l’émancipation ou encore la passion enseignent-elles ! Tout ce qui reste de leur parcours pourtant des plus ordinaires. Fait de mort, de déchirures, de maladie, de jalousie. En plus du formidable humour d’Odette, bien sur, des prédictions de Minnie la cartomancienne, du lâcher de colombes au mariage de Sharon hypnotisée pour perdre du poids pour l’occasion, des discussions avec les défunts ou bien de la vraie présence des hommes de cette troupe, un régiment qui apporte une épaisse couche de baume au cœur. Un premier roman exquis, « suprême », c’est vrai.

Les suprêmes The Supremes... 2 The Supremes...

Présentation de l’éditeur :
Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittées depuis : tout le monde les appelle “les Suprêmes”, en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines aussi puissantes que fragiles ont, depuis leur adolescence, fait de l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana longtemps marquée par la ségrégation leur quartier général où, tous les dimanches, entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de nourritures diététiquement incorrectes tout en élaborant leurs stratégies de survie. Née dans un sycomore, l’intrépide Odette, qui mène son monde à la baguette, converse secrètement avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana sur les conseils avisés de sa défunte mère, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son très volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbara Jean, éternelle bombe sexuelle que l’existence n’a cessé de meurtrir. D’épreuves en épreuves, l’indissoluble trio a subsisté contre vents et marées dans une Amérique successivement modelée par les ravages de la ségrégation raciale, l’insouciance des années hippies, la difficile mise en route de “l’ascenseur social”, l’embourgeoisement, sous la houlette des promoteurs immobiliers, des quartiers naguère réservés aux Noirs et les nouveaux catéchismes de la modernité mondialisée. Invitation à une lecture aussi décalée que féconde de la problématique raciale aux États-Unis, ce formidable et attachant roman de l’amitié et de la résilience emmené par d’époustouflants personnages et porté par l’écriture imagée et subversive d’Edward Kelsey Moore, s’affirme avant tout comme une exemplaire défense et illustration de l’humanisme conçu comme la plus réjouissante des insurrections.

Featherduster

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