Romans étrangers

La servante écarlate (The Handmaid’s tale)

Dans un futur proche, la fertilité se fait rare. Le république de Gildead fait des femmes qui sont encore capables de mettre des enfants au monde des esclaves sexuelles. Elles sont vêtues de rouge, couleur leur rang, portent un bonnet qui les empêchent de voir les décors ou les visages qui les entourent et intègrent des maisons de manière à donner au moins un enfant au couple qui les occupent. Les « servantes écarlates » ne sont pas envoyées dans les colonies, là où des femmes infertiles ramassent des déchets toxiques, ou ne sont pas celles qui font tourner les bordels. Defred (Offred, en version originale. La version française du prénom lui fait perdre ses connotations.) est assignée au Commandant et à son épouse. Si elle n’a pas le choix que de faire son devoir, elle se remémore tout de même certains moments de sa précédente vie. Elle avait un mari et une petite fille. Elle décrit également ce qui l’entoure, épelle des mots pour elle-même, pense à des orthographes similaires. En effet, elle n’a plus le droit de lire. Ces différents exercices lui permettent de garder son esprit à la surface. Defred doit faire les commissions pour sa maison. Pour cela, elle est accompagnée de Deglen. Cette dernière appartient à un réseau clandestin.

La Servante écarlate a été publié pour la première fois en 1985 et n’a cessé d’être réédité depuis. Cette dystopie écrite à la première personne a été interdite dans les lycées et a généré la naissance de sites internet évoquant la condition des femmes. Certains lecteurs ont des phrases clés de l’ouvrage tatouées sur le corps ou se déguisent en « servante écarlate » pour Halloween. D’autres précisions, surtout concernant la conception du roman, sont données par l’auteure elle-même dans la postface de l’édtion Robert Laffont, collection Pavillons poche, pour la version française. Ce récit de Margaret Atwood, qui évoque donc la place de la femme dans la société, dispose d’un style unique et saisissant. La forme est déconcertante au début de la lecture mais s’apprivoise finalement rapidement. Une fois que le lecteur a compris à quel moment Defred pense, rêve, imagine ou vit réellement. Il y a dans la plume comme dans le contenu, un côté très mystérieux. La narration est de plus en plus passionnante même si elle ne va jamais dans le sens désiré. Son fond est aussi captivant et entraînant que difficile et dérangeant. Le sort réservé aux femmes, les formes de pouvoir présentes dans le texte et bien des interrogations sur leur passivité, la soumission d’un plus grand nombre. Qu’il plaise ou non à son lectorat, The Handmaid’s Tale fait partie de ces romans qui ne peuvent pas laisser les âmes humaines indifférentes et, surtout, de ces expériences littéraires que ces dernières recherchent inlassablement.

Présentation de l’éditeur :
Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps ou les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’œuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.

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12 réflexions au sujet de « La servante écarlate (The Handmaid’s tale) »

  1. Je l’ai lu il y a plusieurs années, j’en garde un souvenir vague dans les détails mais ce livre fait partie de mes coups de coeur et incontournables. Je suis bien contente que la série ait remis ce roman au goût du jour. Je vois plein de gens le lire, même dans le métro.

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