La fortune des Rougon

À Plassans, dans le sud de la France, Silvère et Miette, les amoureux, se retrouvent sur une tombe pour leur tendre rendez-vous et finissent par prendre part au soulèvement des républicains. La jeune fille, qui aimerait tant avoir un fusil comme les hommes, tient même bien haut le drapeau dans la foule. Le coup d’Etat vient en effet d’avoir lieu et, de son côté, Pierre Rougon et les siens, bonapartistes, ont pris la mairie et le pouvoir sur Plassans.

La fortune des Rougon est le premier volume de la série des Rougon-Macquart écrite par Emile Zola. Il s’agit du roman des origines, celui dans lequel le lecteur apprend dans quelles conditions Adélaïde Fouque met au monde Pierre Rougon, Ursule Macquart et Antoine Macquart. Celui dans lequel ces enfants grandissent, développent caractère et ambition, ont eux-mêmes des enfants. Ils sont le point de départ de la double-lignée, dont un côté est légitime et pas l’autre, que l’auteur de Thérèse Raquin emmène jusqu’au Docteur Pascal dans le but d’explorer l’environnement et son influence sur les hommes, ainsi que l’hérédité, spécialement en ce qui concerne les déséquilibres mentaux. Tout cela au cœur du Second Empire et des changements qu’il a engendrés. Les Rougon sont ceux qui ont envie de pouvoir et d’argent. Les Macquart ont une condition psychologique dont la fragilité réapparaît régulièrement au fil des générations.

Dans cet ouvrage où tout commence, l’auteur retourne des années en arrière pour expliquer comment ses personnages en sont arrivés à occuper la mairie où à porter le drapeau de la république. Les chapitres sont longs, se concentrent à chaque fois sur une histoire entière. Celle-ci peut être politique, romanesque ou familiale. Dans tous les cas, tout est passionnant, frustrant et déchirant. Car tout est puissamment raconté. Même si, et il est triste de le lire, Zola installant ici les bases de son histoire, La fortune des Rougon n’est apparemment pas l’épisode le plus abouti ni le plus apprécié des lecteurs. Il n’empêche qu’il est nécessaire ou en tout cas bien aidant à qui veut lire cette entreprise chef d’œuvre de la littérature française. Impossible que sa raison d’être, son contenu, sa langue et ce qu’il promet ne séduisent pas. L’aventure a commencé et elle est déjà formidable, vraiment !

Présentation de l’éditeur :
Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d’Etat d’où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d’amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d’eux, c’est aussi la naissance d’une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s’ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s’installe le régime impérial que l’écrivain pourfend, c’est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l’argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides, dans la misère et dans le crime.


9 réflexions sur “La fortune des Rougon

  1. Vous me donneriez presque envie de lire cette saga, alors que je n’ai jamais accroché aux romans de Zola, Pauline ! Votre enthousiasme fait plaisir à lire ❤
    Très belle soirée à vous.

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  2. Aaah j’adore Zola et j’en ai lu une bonne poignée mais tu es en train de me faire réaliser que je n’ai pas lu celui-là, ce qui est un comble vu que c’est le roman fondateur de la série. Je me le note pour une lubie « retour aux classiques », peut-être l’année prochaine. Là j’ai G&P sur le feu.^^ Pas commencé encore avec un emploi du temps un peu bousculé mais je pense dans 2 semaines au plus tard.

    Aimé par 1 personne

  3. Je l’aime vraiment beaucoup celui-ci. Il est formidable, très cinématographique. J’adore comment il arrive à faire prendre une vie aux foules. Il le refait dans d’autres livres par la suite, mais ici c’est particulièrement réussi.

    Aimé par 1 personne

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