Romans français

L’Archipel du chien

L’Archipel du chien s’appelle ainsi car, vue du ciel, il ressemble en effet à un chien. Des éruptions volcaniques l’ont forgé. Il est assez difficile de se rendre sur l’Archipel qui semble un monde à part. La communauté qui l’habite attend la construction d’un complexe hôtelier. Il ne faudrait pas que quoi que ce soit entrave ce projet. Même la découverte, un beau matin, sur la plage, de trois cadavres de migrants que la mer a décidé de déposer là.

C’est le chien de l’ancienne institutrice qui se met tout à coup à aboyer pour prévenir sa maîtresse. Ensuite, celle-ci, l’instituteur, le curé, le maire et le docteur, décident de se débarrasser des corps et de n’en parler à personne, jamais. Dans ce genre de situation, il faut choisir quoi faire et vite, choisir ce qu’il faut compromettre ou protéger. À ce moment, chacun a dans la tête une bonne raison pour faire ce qu’il fait. Un seul parmi eux a réellement raison sur ce qu’il faut faire. Mais le pacte est scellé.

Et si quelqu’un de l’extérieur venait poser des questions…
Comme un policier ? Un enquêteur ?

L’Archipel du chien est un roman parabole de Philippe Claudel qui évoque la question des migrants, oui, mais pas que. Il interroge dans cet ouvrage sur ce que l’homme, de manière générale, serait prêt à faire pour conserver sa tranquillité. Il met le lecteur face à lui-même, le fait s’interroger. Et si c’était moi ? Comme c’est gênant tout au long de la lecture ! À quel moment faut-il avoir honte ? L’auteur en rajoute avec cette odeur qui envahit les lieux et les pages pour que ces dernières transpirent la culpabilité. Il joue ainsi avec les images, avec des codes qu’il aime beaucoup, il s’amuse à créer du suspens, des mystères, une ambiance de polar Simenonienne. C’est effrayant, c’est incommodant mais c’est on ne peut plus absorbant. C’est évidemment superbement écrit.

Présentation de l’éditeur :
Une île sur laquelle une petite communauté vit de la pêche, de la vigne, des oliviers et des câpriers, à l’écart du fracas du monde. Jusqu’au jour où trois cadavres s’échouent sur ses rives. Que faire d’eux ? Bousculés dans leur tranquillité, les habitants se trouvent alors face à des choix qui révèlent leur petitesse, leur humanité ou leur égoïsme. Roman policier tout autant que conte philosophique, L’Archipel du chien s’inscrit dans la veine des Âmes grises et du Rapport de Brodeck.

2 réflexions au sujet de « L’Archipel du chien »

  1. Cela fait un moment que je n’ai pas lu cet auteur, ce livre-là pourrait bien me plaire car il a l’air très intéressant !
    Merci pour la découverte avec ta belle chronique !
    Bonne journée, bisous.

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