La couleur de l’eau

À Londres, Dave est vigile dans un magasin de luxe. Le jour où Alena décide d’y commettre un vol, il tombe sous son charme. Il l’interroge rapidement et la laisse partir. Le même jour, le soir arrivé, Alena le retrouve. Elle a besoin d’un endroit où dormir. Elle ne dit pas à Dave qu’elle a sur elle tout ce qu’elle possède. Elle sait qu’elle profite de lui – au début du moins – est persuadée qu’il attendra sûrement autre chose d’elle. Mais l’homme est exemplaire, et c’est ainsi que leur histoire commence.

Dave et Alena sont deux personnes très abîmées par la vie. Ils sont pauvres, leurs rêves ont été brisés, ils ont été manipulés, ont perdu des êtres chers. Leurs douleurs sont profondes, physiques et mentales, ils semblent recouverts de cicatrices à l’intérieur comme à l’extérieur. Ils ont aussi honte parfois. Avec du temps, de la patience, ils s’apprivoisent. Le passé n’est malheureusement jamais loin. Il se trouve qu’Alena vient de Russie, elle a été vendue, maltraitée et qu’elle n’a pas de papiers. Dave ne sait rien du passé de la femme qu’il aime alors qu’il reprend vie grâce à elle.

La couleur de l’eauThirst, en version originale – a remporté le prix Femina étranger 2015. Kerry Hudson est aussi l’autrice de Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer ma maman. Si l’histoire de Dave et Alena est une histoire d’amour, il n’est pas question qu’elle ressemble à toutes les autres, qu’elle rassemble clichés, facilités ou pathos. C’est une romance complexe, un dessin sociétal. La couleur de l’eau un ouvrage dans lequel les traumatismes sont rois et les possibilités plus qu’infimes. Il y a pourtant, grâce à ces deux êtres qui s’aiment, beaucoup de lumière et d’espoir qui s’en dégagent. Dave et Alena sont d’une force incroyable, qu’ils ne soupçonnent pas eux-mêmes. Le récit alterne entre le présent et le passé de chacun. Ils se dévoilent donc doucement et même jusqu’au bout ! C’est assez incroyable comme la lecture ressemble à celle d’un « page-turner » alors qu’elle n’en a pas vraiment l’allure. L’autrice maîtrise tout, tout simplement. La construction, les descriptions et les personnages sont solides du début à la fin, la lecture est belle et forte.

Présentation de l’éditeur :
Sous le charme, Dave, vigile dans un luxueux magasin londonien, laisse partir une jeune voleuse. Sa journée terminée, il la découvre dehors, à l’attendre. C’est le début d’une relation complexe entre deux êtres abîmés. Comment Alena, venue avec tant de projets de sa Russie natale, s’est-elle retrouvée à la rue et sans papiers ? Pourquoi Dave vit-il comme en exil à quelques kilomètres de chez lui ? Qu’ont-ils bien pu traverser l’un et l’autre pour être si tôt désabusés? Page après page, ils s’apprivoisent, se rapprochent – et prennent soin d’éviter leurs zones d’ombre : les réseaux de prostitution, les compromissions, les peurs et les espoirs étouffés de l’une, les cités anglaises à l’horizon bien bas, les rêves d’aventure et les lâchetés de l’autre.

La couleur de l’eau a été avec le club de lecture
– c’est le coup de cœur du club pour l’année 2020 !


Une réflexion sur “La couleur de l’eau

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