Une odeur de gingembre

En janvier 1903, Mary est à bord d’un bateau qui l’emmène en Chine. Elle va y épouser un attaché militaire britannique qu’elle n’a rencontré qu’une seule fois. Elle se confie dans son journal et écrit des lettres à sa mère. La chaperonne aux mœurs anciens qui doit garder un œil sur Mary et la guider décède de manière inattendue lors de la traversée. C’est donc complètement seule que la jeune irlandaise s’apprête à affronter son destin. 

Heureusement, elle a déjà commencé son émancipation. Ne serait-ce qu’en se débarrassant de son corset pour être plus à l’aise. Heureusement, c’est une jeune femme qui me rentre pas dans le moule prévu pour elle.

Une fois sur place, Mary ne vit pas le mariage qu’elle a attendu, Richard s’avère être un homme froid et distant. La maison qu’ils habitent, elle, est austère.

Grâce à son statut, la jeune femme est invitée à rencontrer l’impératrice Cixi. Elle devient amie avec un couple de français dont la femme a symboliquement le même prénom qu’elle. Elle met également au monde une petite fille prénommée Jane. Mary doit constamment se battre pour faire certaines choses elle-même, comme s’occuper de sa fille. Elle note aussi dans son journal qu’elle sait que Richard lit les lettres qui lui sont destinées. Lorsque Mary s’éprend du comte Kentaro Kurihama, un officier japonais, elle tombe enceinte de lui. Elle est alors rejetée par Richard et fuit au Japon, là où elle décide de se construire une nouvelle vie malgré sa situation d’étrangère et sa réputation. 

  • Une odeur de gingembre est le roman le plus connu d’Oswald Wynd.
  • Cela est sûrement dû à l’adaptation télévisée.
  • Peu de romans d’Oswald Wynd ont été traduits en français. 
  • Il écrivait des romans policiers sous le pseudonyme de Gavin Black

Une odeur de gingembre a été publié pour la première fois en 1977. C’est un roman composé uniquement des entrées de Mary dans son journal et des lettres qu’elle envoie. Le récit épistolaire permet des ellipses plus ou moins longues et beaucoup de surprises. En quelques pages, de nombreux événements peuvent se passer ou s’être passés, qu’ils soient tragiques ou grandioses. Mary évolue toujours un peu plus finement. Son histoire suit également la grande Histoire de très près et la richesse du texte à ce niveau impressionne. Il commence alors que la Révolte des Boxers fait rage en Chine et se termine quand le Japon entre dans la Seconde Guerre mondiale. Entre-temps, Mary a ouvert une boutique de vêtements inspirée de la mode occidentale, acheté une maison, eu des enfants, des amants…

L’héroïne d’Oswald Wynd est une femme d’une force extraordinaire, un modèle qu’il est absolument passionnant de suivre pendant des décennies. Elle a évidemment ses fragilités et ses faiblesses, mais traverse et dépasse toute difficulté ou malheur avec une droiture et un courage stupéfiants. Le texte est beau et fluide. Le voyage est magnifique ! 

Présentation de l’éditeur :
En 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collinsgsworth, l’attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d’esprit rapidement désapprouvée par la communauté des européens. Une liaison avec un officier japonais dont elle attend un enfant la mettra définitivement au ban de la société. Rejetée par son mari, Mary fuira au Japon dans des conditions dramatiques. À travers son journal intime, entrecoupé des lettres qu’elle adresse à sa mère restée au pays ou à sa meilleure amie, l’on découvre le passionnant récit de sa survie dans une culture totalement étrangère, à laquelle elle réussira à s’intégrer grâce à son courage et à son intelligence. Par la richesse psychologique de son héroïne, l’originalité profonde de son intrigue, sa facture moderne et très maîtrisée, Une odeur de gingembre est un roman hors norme.


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