Moi, Tituba sorcière…

Tituba était une esclave du révérend Samuel Parris, pasteur puritain du village de Salem pendant la sombre et célèbre affaire. L’Histoire sait peu de choses sur Tituba, elle a donc émis des suppositions sur son parcours et sur ce qu’il est advenu d’elle après les procès.

Quelle aubaine pour un écrivain de disposer d’un tel personnage ! 

Dans Moi, Tituba sorcière… Maryse Condé fait de Tituba l’enfant d’un viol à qui une vieille femme enseigne le pouvoir des plantes et d’autres rites un peu plus obscures. Alors qu’elle pense pouvoir vivre en paix à la Barbade, dans la cabane qu’elle s’est construite, Tituba fait la rencontre de John Indien. Elle le rejoint au service de  sa maîtresse, puis ils travaillent ensemble pour Samuel Parris. À Boston d’abord puis dans le village de Salem. C’est dans ce dernier lieu que tout bascule quand les filles de Parris accusent Tituba de sorcellerie. L’affaire des sorcières de Salem a commencé.

Moi, Tituba sorcière… est un roman dans lequel la fiction et la réalité se tissent l’une à l’autre de manière admirable. Démêler le vrai du faux, les suppositions de l’invention n’est pas aisé et le lecteur n’en a d’ailleurs même pas toujours envie tant sa lecture est captivante. Maryse Condé a sûrement pris grand plaisir à imaginer cette existence. L’ouvrage tient autant de la création littéraire, que du divertissement, que du plaidoyer. Elle explore l’esclavage, les énigmatiques accusations de sorcellerie, la condition des femmes mais aussi l’amour, la mort et la maternité avec une plume à la fois âpre et poétique. Le tout est violent, couronné d’une touche de surnaturel et d’un entrain fou. Tituba est une femme intelligente et courageuse. Sa résignation est bouleversante. Elle la transforme en une étrange force pour mieux enseigner la liberté. Quelle réhabilitation ! 

Mary Condé a inséré dans son roman des extraits des procès ainsi qu’une immense référence littéraire. Elle a reçu le prix Nobel alternatif de littérature en 2018

Présentation de l’éditeur :
Fille de l’esclave Abena violée par un marin anglais à bord d’un vaisseau négrier, Tituba, née à la Barbade, est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts. Son mariage avec John Indien l’entraîne à Boston, puis au village de Salem au service du pasteur Parris. C’est dans l’atmosphère hystérique de cette petite communauté puritaine qu’a lieu le célèbre procès des sorcières de Salem en 1692. Tituba est arrêtée, oubliée dans sa prison jusqu’à l’amnistie générale qui survient deux ans plus tard. Là s’arrête l’histoire. Maryse Condé la réhabilite, l’arrache à cet oubli auquel elle avait été condamnée et, pour finir, la ramène à son pays natal, la Barbade au temps des Nègres marrons et des premières révoltes d’esclaves. 


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