Romans français

Trois mille chevaux-vapeur

Trois mille chevaux-vapeur a été lu avec le club de lecture du Mans.

Pendant la deuxième guerre anglo-birmane, le sergent Arthur Bowman est en mission secrète lorsque lui et ses hommes sont kidnappés et torturés pendant des mois. Seulement dix survivent. À son retour en Angleterre, Arthur devient, comme les autres vétérans des colonies, surveillant à la brigade de la Tamise. Assailli par les cauchemars, sensible aux tons qui montent tant les voix fortes lui rappellent les cris de ses compagnons, il noie sa douleur dans l’alcool et l’opium. Lorsqu’il retrouve le corps d’un homme mutilé dans les égouts, il reconnaît la façon de faire et sait que le meurtrier est un des soldats qui étaient avec lui en Birmanie. Il se lance alors à sa poursuite.

Antonin Varenne est un auteur tout d’abord connu pour ses histoires policières. Pas étonnant alors qu’une enquête soit le point de départ de Trois mille chevaux-vapeur. Mais elle n’est qu’un prétexte à la quête d’un homme brutal et pleins de démons qui a besoin de renaître. De la Birmanie à Londres, aux grands espaces de l’Ouest américain aux côtés des pionniers, Arthur Bowman emporte dans une aventure extraordinaire et magistrale. La métamorphose de ce anti-héro profondément touchant (surtout lorsqu’il se confie dans des lettres qui n’arriveront sans doute jamais à destination) est puissante. Il est au cœur de descriptions précises mais limpides, aux images fabuleuses. Qu’il s’agisse des moments passés dans la capitale anglaise lors de la Grande Puanteur, des escapades à cheval ou des scènes de manifestations à New York.

C’est cheveux au vent, dérangé par les odeurs et se sentant très sale que le lecteur suit Arthur pendant presque 700 pages qui défilent à toute vitesse. Trois mille chevaux-vapeur, c’est aussi de grandes et belles histoires d’amour et d’amitié. « Les soldats, ils ont toujours une femme qui les attend. La plus belle du monde. C’est des rêves qu’il ne faut pas casser, sinon ils sont plus bons à rien ». C’est l’Histoire en marche (l’élection de Lincoln, la Guerre de Sécession sont en approche). Personne n’est tout noir ou tout blanc dans ce pur plaisir littéraire qui fait imaginer James Fenimore Cooper, Jules Verne, R.L Stevenson, Larry McMurtry et Henry David Thoreau à la même table d’écriture. Comme c’est jouissif !

***

Arthur Bowman lit Thoreau : « Près de quoi désirons-nous le plus habiter ? Sûrement pas auprès de beaucoup d’hommes, mais près de la source éternelle de notre vie, d’où en toute notre expérience nous nous sommes aperçus qu’elle jaillissait, comme le saule s’élève près de l’eau et projette ses racines dans cette direction. »

Alexandra Desmond est un personnage beau et fort : « Je ne crois pas au fond que nous ayons lu trop de livres. Seulement que nous vivons entourés de gens qui n’en ont pas lu assez, aussi incultes que cette terre. Si nous avons été naïfs, c’était en croyant des hommes d’affaires, plus qu’à nos idées. S’il y avait quelque un autre endroit où je pourrais être une femme libre, de lire ou d’écrire des livres, de participer à la vie politique, d’enseigner ce que je crois, de prendre la parole quand bon me semble et de choisir les hommes avec qui je veux vivre, alors je repartirais.

Présentation de l’éditeur :
1852, pendant la 2e guerre anglo-birmane. Le sergent Arthur Bowman doit accomplir une mission secrète. Mais l’expédition tourne mal et les hommes sont capturés et torturés pendant plusieurs mois. Seuls dix d’entre eux survivront. Londres, 1858. Alors qu’il noie son passé dans l’opium et l’alcool, Bowman découvre dans les égouts le cadavre d’un homme atrocement mutilé. La victime semble avoir subi les mêmes sévices que ceux qu’il a endurés six ans auparavant. Persuadé que le coupable est l’un de ses anciens compagnons de captivité, Bowman décide de partir à sa recherche. De la jungle birmane à l’Amérique de la conquête de l’Ouest en passant par les bas-fonds londoniens, l’histoire d’une quête personnelle et de la métamorphose d’un homme, dans un monde en pleine mutation.

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2 réflexions au sujet de « Trois mille chevaux-vapeur »

  1. Ce roman a l’air magistral ! Vous le dépeignez si bien Pauline (je reste encore et toujours épatée par cette aptitude qu’ont les chroniqueuses à résumer l’essence d’un livre).
    Beau week-end et à bientôt !

    J'aime

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